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La douleur
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Les sous-rubriques
. Un phénomène trop longtemps négligé
. Les mécanismes de la douleur
. Les douleurs aiguës
. Les douleurs chroniques
. La douleur et la personne âgée
. Evaluer la douleur
. Les médicaments contre la douleur
. Les autres prises en charge
. Adresses et liens utiles
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La douleur est un signal d’alerte qui prévient notre cerveau que quelque chose d’anormal se produit dans notre organisme. Ce mécanisme permet, s’il s’agit d’agressions extérieures (choc, brûlure, coupure…), de protéger notre corps d’une atteinte plus grave, grâce à une réaction réflexe appropriée (mouvement de retrait, voire fuite). Ce rôle de protection est essentiel pour la survie de l’individu : les enfants nés avec une absence totale de sensibilité à la douleur courent de graves risques lors de leur développement.

Ce mécanisme est moins « utile » quand la cause est interne à l’organisme : maladies, rhumatismes, etc. Dans ce cas, la seule réaction efficace de l’individu, depuis les avancées de la médecine (et s’il a accès aux soins), est de consulter un médecin, la douleur ne pouvant être que subie.

Les dangers des douleurs non soulagées

Si elle est très intense et/ou chronique, la douleur devient invalidante (pouvant provoquer des troubles du sommeil, une perte d’appétit et un risque de dénutrition), et a de lourdes conséquences psychologiques, pouvant aller jusqu’à la dépression ou des pulsions suicidaires. Une prise en charge efficace de la douleur en tant que telle est donc indispensable pour la qualité de vie des patients, y compris dans les situations les plus graves (soins palliatifs) ; elle peut être considérée comme une urgence dans le cas des personnes âgées, pour lesquelles les risques sont accrus. L’absence ou l’insuffisance de cette prise en charge pourrait ainsi être assimilée à une forme de maltraitance.

Douleur et psychisme : la souffrance

Le vécu subjectif d’une douleur physique, quelle que soit son intensité, dépend de l’état psychologique de la personne qui la ressent. Il peut donc être variable, en fonction de l’histoire personnelle (aspects culturels et émotionnels), du contexte psychologique (vécu professionnel, familial, de couple), de l’état de santé (pathologies et douleurs multiples…). La cause de la douleur influence également la façon dont elle est ressentie : les douleurs de la cicatrisation après une opération réussie seront plus faciles à supporter que celles liées à une rechute dans une pathologie lourde.

Un état dépressif et/ou anxieux accentuera le ressenti douloureux, comme les tendances hypocondriaques ou une image de soi focalisée sur la maladie. Toute amélioration de l’état psychologique général, et donc toutes les façons de « s’occuper de soi », permettront donc une forme de soulagement, sans bien sûr se substituer à la prise en charge médicale des causes de la douleur et de celle-ci en tant que telle. Se concentrer sur son corps et la sensation de douleur elle-même peut paradoxalement l’atténuer, dans la mesure où l’on s’abstrait de tout le contexte émotionnel qui peut la rendre plus difficile à supporter.

La prise en charge de la douleur devra donc être globale, et passe nécessairement par une expression aussi libre et détaillée que possible du vécu du patient. Faute de temps, cette approche psychologique est souvent difficile à mettre en œuvre par les soignants. Un généraliste disponible et attentif, un psychologue, l’équipe pluri-disciplinaire d’un centre anti-douleur pourront être alors d’une grande utilité.

Une prise de conscience récente

La médecine, concentrée sur les pathologies et les moyens de les traiter, a longtemps négligé la prise en charge de la douleur. Des facteurs culturels et religieux ont également retardé une approche pragmatique de la douleur : la conception chrétienne de la souffrance rédemptrice, la méconnaissance de la douleur de l’enfant, un certain fatalisme face à la douleur des personnes âgées, considérée comme « normale », les réticences médicales à l’utilisation de la morphine et de ses dérivés, autant de facteurs qui expliquent que des mesures d’envergure, regroupées dans le premier plan anti-douleur, n’aient été lancées en France qu’en 1998 par le secrétaire d’Etat à la Santé Bernard Kouchner.

Des objectifs affirmés mais pas toujours atteints

Il existe aujourd’hui des moyens efficaces de lutte contre la douleur, qu’ils soient médicamenteux ou non (acupuncture, hypnose…). Ils permettent bien sûr de soulager les patients, mais aussi d’éviter la transformation d’une douleur aiguë en douleur chronique, avec toutes ses conséquences en termes de qualité de vie, de stress, d’états dépressifs et de repli sur soi.

Les plans anti-douleur se sont succédés, signe que la tâche à accomplir est immense. Les difficultés des structures hospitalières et des établissements pour personnes âgées, en termes de budget, de manque de personnel, de qualification et d’information des soignants, rendent les avancées beaucoup plus difficiles. La coordination entre la médecine hospitalière et la médecine de ville, lors d’une sortie de l’hôpital, laisse parfois à désirer.

En tout état de cause, les patients doivent exprimer le plus précisément possible les douleurs dont ils souffrent, afin de guider les soignants dans la prise en charge ; ils ne doivent pas craindre d’insister tant que le soulagement n’est pas obtenu, pour permettre l’adaptation d’un traitement qui se révélerait peu ou pas efficace.
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Il n’y a pas de lien direct entre l’intensité d’une douleur et la gravité d’une éventuelle maladie qui en serait la cause. Certaines maladies, comme le zona, continuent à provoquer des douleurs après la guérison, en raison de dommages aux nerfs.
Les traitements prescrits doivent être respectés scrupuleusement : prenez votre traitement aux intervalles indiqués, même si la douleur n’a pas réapparu ; ne considérez pas qu’il faut en prendre le moins possible « pour ne pas s’habituer » ; ne rapprochez pas les prises si la douleur persiste, mais parlez-en à votre médecin pour qu’il adapte le traitement.