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L'incontinence urinaire féminine
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Les sous-rubriques
. Comment fonctionne le système urinaire ?
. L'incontinence d'effort
. L'incontinence d'urgence
. L'incontinence chez la personne âgée
. La prise en charge de l'incontinence
. Conseils pratiques
. Liens et adresses utiles
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Qu’est-ce que c’est ?

L’incontinence urinaire peut être définie comme l’existence de pertes involontaires et intermittentes d’urine en dehors des émissions contrôlées, et provoquant une gêne de la personne s’exprimant par une « plainte » (d’après la définition de l’Organisation mondiale de la santé - OMS).

Ce problème est très fréquent : il touche de 3 à 6 millions de personnes en France, dont 30 à 40 % des femmes de plus de 65 ans. Il reste relativement méconnu, en raison de tabous tenaces et de son assimilation au vieillissement : si la ménopause correspond effectivement à un risque accru, en raison de l’affaiblissement des muscles du périnée, ce problème touche toutes les tranches d’âge, en particulier à l’occasion des grossesses.

Sa prise en charge est souvent insuffisante ou tardive, réduisant ainsi son efficacité : fréquemment gênés par le sujet, les patients ont du mal à en parler à leur médecin généraliste, qui n’aborde lui-même que très rarement ce problème. Les différentes possibilités de prise en charge sont encore mal connues, la visibilité médiatique de ce problème se limitant pour l’heure à des campagnes publicitaires pour les protections.

Les différents types d’incontinence

L’incontinence d’effort est fréquente chez les femmes jeunes : elle correspond à des fuites légères provoquées par un effort physique, une toux, un éternuement, un fou-rire, sans avoir ressenti au préalable le besoin d’uriner.

L’incontinence d’urgence (par impériosité) fait suite à un besoin intense et urgent d’uriner (urgence mictionnelle), sans possibilité de se retenir suffisamment longtemps : les fuites peuvent être importantes et se produire en quelques secondes. Elle est associée à des mictions (émissions d’urine) fréquentes.

L’incontinence mixte combine les deux types de phénomènes, et concerne 25 % des cas d’incontinence féminine, toutes tranches d’âge confondues. Elle touche particulièrement les personnes âgées : elle est la plus fréquente chez les personnes de plus de 60 ans (40 % des cas).

Il existe en outre des formes d’incontinence qui ne sont pas liées à un problème urinaire : elles peuvent être dues à des problèmes psychologiques, notamment chez les plus âgés un état dépressif, l’isolement affectif et le placement en institution, à des problèmes cognitifs (stades avancés de la maladie d’Alzheimer), à certains médicaments, etc.

Une qualité de vie en danger

La gêne ressentie peut être très variable, selon la nature des troubles, depuis des incidents occasionnels lors d’efforts intenses, à une gêne permanente limitant progressivement les activités sociales (professionnelles, familiales, amicales, de loisirs) ou la vie sexuelle, par peur des « accidents ». Une prise en charge s’avère nécessaire dès lors que la gêne est importante : incidents fréquents, entraînant une restriction de certaines activités, et/ou nécessité d’utiliser des protections…

Ces troubles ont souvent un impact psychologique douloureux pour les personnes qui en souffrent : sentiment de honte, dévalorisation de l’image de soi, assimilation à la problématique du vieillissement, sentiment d’isolement, jusqu’à entraîner parfois un état dépressif. Ces sentiments rendent difficiles la communication avec l’entourage et les professionnels de santé, retardant ou empêchant une prise en charge qui donne pourtant dans de nombreux cas de bons résultats.

A terme, si aucune prise en charge n’est instaurée, ces troubles présentent des risques réels pour la qualité de vie et l’autonomie de la personne, aggravés par l’avancée en âge :
• la peur de sortir entraîne progressivement l’isolement social ;
• le risque de chutes est majoré, avec des conséquences sérieuses sur la santé et l’autonomie ;
• les cas d’incontinence grave peuvent être la cause d’un placement en établissement de retraite ;
• les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ne peuvent accéder aux dispositifs prévus pour eux, comme les accueils de jour, très utiles pour l’entretien de leurs capacités cognitives et l’allégement indispensable de la charge de travail de leurs aidants familiaux.

Vers une priorité de santé publique ?

Un rapport récent (2007) réalisé par le Professeur Haab à la demande du ministre de la Santé et des solidarités a effectué un état des lieux de la prise en charge de l’incontinence urinaire et élaboré des propositions afin d’améliorer la qualité de vie des patients, et de réduire le coût social élevé de ces troubles (dépenses médicales liées aux complications, handicap social, hospitalisations, etc.).

La nécessité d’une prise en charge pluri-disciplinaire de ces troubles suggère la création de centres de référence permettant la coordination des soins entre les différents professionnels. La rééducation périnéale, technique de prise en charge efficace dans de nombreux cas, devrait être plus accessible et les professionnels concernés (kinésithérapeutes, sages-femmes, voire infirmières spécialisées comme dans certains pays) pourraient bénéficier de formations validantes et être mieux identifiables pour les patients.

Concernant les coûts financiers pour les patients, le rapport relève que certains médicaments ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie. Le coût très élevé des protections (jusqu’à 150 € par mois), indispensables en cas d’échec des autres prises en charge pour préserver l’autonomie des patients, pourrait être réduit comme cela se pratique dans de nombreux autres pays :
• introduction d’un taux de TVA réduit : il est de 19,6 % en France (taux normal), contre 0 % en Angleterre ;
• remboursement par l’assurance maladie : il est inexistant en France, alors que la prise en charge est totale en Angleterre, en Espagne ou au Portugal en cas d’incontinence modérée à sévère.

Pour l’heure, seule existe une prise en charge partielle par l’APA (réservée aux personnes de plus de 60 ans en perte d’autonomie) ou par les plans d’aide des caisses de retraite, mais qui diminue d’autant le montant des aides allouées pour pallier la perte d’autonomie.

Le rapport note que le « surcoût devrait être compensé en grande partie par la baisse des coûts globaux directement liés à l’incontinence et notamment la mise en charge des infections urinaires, des pathologies cutanées périnéales ou encore des arrêts de travail générés par ce handicap lorsqu’il n’est pas reconnu et pris en charge ».
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L’utilisation des protections, dont il existe différents types, tend à être banalisée par les industriels pour des raisons commerciales. Procurant une sécurité certaine, elles ne sont cependant pas toujours bien vécues psychologiquement, favorisent la poursuite des troubles, et représentent un coût financier important, même si quelques aides existent (voir ci-contre). Il est vivement recommandé de consulter son médecin (généraliste ou gynécologue) pour envisager une prise en charge médicale, efficace dans de nombreux cas.