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Du bon usage des médicaments

Les progrès de la recherche médicale et pharmaceutique permettent en permanence d’importantes avancées en ce qui concernent le traitement des différentes maladies. Les médicaments, par leurs effets multiples sur l’organisme, présentent cependant des risques non négligeables, en particulier avec l’avancée en âge et en présence de traitements multiples. Ce dossier aborde ces risques et les précautions à respecter en matière de médicaments de la part des patients. Les erreurs de prescription et les contre-indications ne seront pas évoqués dans la mesure où elles relèvent de la compétence des médecins.

Un traitement médicamenteux, même suivi dans de « bonnes » conditions (diagnostic juste et prescription adaptée), présente des dangers très sérieux si les médicaments ne sont pas « bien utilisés » :
• en France, on estime à 150 000 le nombre annuel de patients concernés par une hospitalisation liée à un mauvais usage des médicaments ;
• le nombre de décès liés à des interactions nocives entre médicaments est estimé à 8 000 ; le nombre total de décès liés à une mauvaise utilisation des médicaments serait compris en 13 000 et 32 000 par an.

La France est le pays européen qui consomme le plus de médicaments, sans justification objective : les Français ne sont pas en moins bonne santé que leurs voisins. Des habitudes « culturelles », chez les médecins comme chez les patients, expliquent largement ce phénomène : 9 consultations sur 10 donnent lieu à une ordonnance. Les patients « s’attendent » parfois à une prescription de médicaments, et certains médecins ont parfois du mal à ne pas répondre à leur demande.

Les risques liés aux effets secondaires et aux interactions entre de multiples médicaments sont d’autant plus élevés, notamment chez les seniors et les personnes âgées : plus d’un million d’entre eux absorbent plus de 7 principes actifs chaque jour ; chez les plus de 70 ans, un tiers des accidents liés aux médicaments concerne des patients prenant plus de 10 produits chaque jour.

Les principaux risques

Les erreurs médicales, toujours possibles, ne seront pas abordées ici : il peut s’agir d’erreurs de diagnostic, d’une mauvaise indication du médicament, d’une mauvaise prescription, ou d’un suivi insuffisant du traitement.

Les effets secondaires des médicaments sont très fréquents : dans la mesure où il s’agit de substances ayant un impact sur les différentes fonctions de l’organisme, les améliorations constatées vis-à-vis de la maladie traitée peuvent être accompagnées d’effets indésirables. La recherche pharmaceutique a pour objectif de trouver des molécules efficaces avec le moins d’effets secondaires possibles, ce qui rend indispensable les phases de test à grande échelle des nouveaux médicaments. Mais les effets secondaires ne pourront jamais être totalement absents, en raison de l’efficacité même des médicaments.

Les effets secondaires les plus fréquents sont les suivants :
• allergies ;
• hémorragies digestives (dues notamment à certains anti-inflammatoires) ;
• accidents hémorragiques (dus aux anticoagulants) ;
• troubles du rythme cardiaque ;
• troubles ioniques ;
• insuffisance rénale : il peut s’agir d’un problème majeur avec certains médicaments ;
• confusion mentale : ce phénomène est assez fréquent en rapport avec des traitements médicamenteux, et n’a dans ce cas aucun lien avec l’avancée en âge ni avec des accidents vasculaires cérébraux ;
• crise d’épilepsie : leur lien avec certains médicaments est probable quand elles apparaissent alors que la personne n’en a jamais souffert auparavant ;
• troubles digestifs ;
• déshydratation.

Les erreurs des patients seraient à l’origine de la moitié des cas d’hospitalisation. Elles concernent le non-respect des contre-indications, des erreurs de prise (dose, fréquence, horaire), une automédication inappropriée.

Des risques accrus avec l’avancée en âge

Les maladies liées au vieillissement et les traitements qu’elles nécessitent multiplient les risques liés aux médicaments et à leurs interactions. Il est pour cela indispensable de parler avec son généraliste, les médecins spécialistes et son pharmacien de tous les traitements prescrits par les uns et les autres, des médicaments pris en automédication, ainsi que des compléments alimentaires éventuels (vitamines, extraits de plantes, etc.).

Les problèmes physiques liés au vieillissement augmentent par ailleurs les risques d’erreurs :
• une mauvaise vue entraîne un risque de confusion entre différents médicaments, quand leur présentation est similaire ;
• des problèmes d’audition peuvent empêcher la bonne compréhension des propos du médecin ;
• les problèmes de motricité (arthrose) rendent difficile la manipulation de certains médicaments (prise de demi comprimés par exemple) ; parlez-en à votre médecin afin qu’il vous prescrive le médicament sous une autre forme ou qu’il modifie le traitement ;
• les troubles de la déglutition (difficultés pour avaler) peuvent empêcher la prise du médicament ou entraîner des comportement inappropriés (écraser le médicament) ; là encore, il est nécessaire d’en parler à son médecin traitant.

Les troubles de la mémoire entraînent des risques très importants quant à la bonne observance des traitements : oubli de prise, ou à l’inverse prise répétée. Pour les patients souffrant de troubles sérieux de la mémoire, l’utilisation d’un pilulier est indispensable, associée éventuellement à celle d’aide-mémoires (post-it) ; dans certains cas, l’assistance d’une aide à domicile pour la prise des médicaments est nécessaire.

Enfin, le vieillissement de l’organisme entraîne des risques accrus d’effets secondaires, en raison notamment de la baisse d’efficacité des mécanismes qui permettent l’élimination des médicaments par le foie et les reins (risque d’intoxication), ainsi que la protection de certains organes, notamment le cerveau (risque de somnolence prononcée, de confusion mentale).

Ces effets secondaires, comme la somnolence, les hémorragies, l’insuffisance rénale, peuvent avoir des conséquences graves : chutes et fractures (20 à 30 % d'entre elles seraient liées à la prise de tranquillisants ou de somnifères, avec un lourd impact sur l’autonomie, voire l’espérance de vie), malaises (dans le cas de certains antihypertenseurs ou somnifères), avec à terme un risque de perte d’autonomie.

Des risques souvent évitables

On considère qu’entre la moitié et les deux tiers des évènements indésirables seraient évitables. Dans la mesure où les erreurs des patients représentent une part importante des troubles iatrogènes, on mesure l’importance d’une bonne information sur les risques des médicaments dans le cadre d’une démarche de prévention. Les gains potentiels en espérance et en qualité de vie - ainsi que l’impact positif sur les finances de l’assurance maladie - sont ainsi considérables.

Une étude récente sur les risques liés au traitement de pathologies multiples (Polychrome) souligne également les améliorations possibles quant à la qualité des ordonnances : meilleure précision de la prescription, dosage plus adapté, réduction du nombre de médicaments prescrits.

Médicaments et conduite automobile

De nombreux médicaments ont un impact sur la vigilance et d’autres facultés (attention, coordination des mouvements, etc.), et font courir des risques sérieux en cas de conduite automobile, ou même lors des déplacements des piétons. Les notices d’utilisation doivent être consultées avec attention et il est indispensable d’obtenir et de respecter l’avis du médecin traitant. Consultez notre rubrique consacrée à ces risques.
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Les sous-rubriques
. Les médicaments, coment ça marche ?
. Les risques liés aux médicaments
. Automédication : prudence !
. Médicaments et Internet
. Médicaments et conduite automobile
. Conseils pratiques
. Les guides d'information de l'ANSM (ex-Affsaps)
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On appelle iatrogénèse (terme remplaçant celui de iatrogénie) les troubles (maladie ou effet secondaire) générés par un traitement médical, notamment médicamenteux.
La fréquence des troubles iatrogènes augmente avec l’âge :
• 1,91 % chez les moins de 15 ans ;
• 2,62 % chez les personnes de 16 à 64 ans ;
• 4,13 % chez les personnes de plus de 65 ans.
La « consommation » de médicaments s’accroît fortement avec l’âge :
• les personnes âgées représentent 21,8 % de la population française ;
• leur consommation de médicaments représente 40 % de la consommation totale.